Conseils Achat
Immobilier : vaut-il mieux acheter ou louer ?
Comme la plupart des Français , vous souhaitez devenir propriĂ©taire ? Un rĂȘve qui peut-ĂȘtre difficilement accessible aux primo-accĂ©dants dans certaines grandes agglomĂ©rations, mais encore tout Ă fait rĂ©alisable dans dâautres. Tour d'horizon.
Quelles que soient les motivations qui vous poussent Ă louer, il nâen reste pas moins que lorsque le contexte sây prĂȘte (stabilitĂ© professionnelle et affective, volontĂ© de sâinstaller durant plusieurs annĂ©es au mĂȘme endroitâŠ), de nombreux arguments plaident plutĂŽt en faveur de lâachat. Certes, une telle opĂ©ration nâest gĂ©nĂ©ralement pas envisageable pour des primo-accĂ©dants sur de grandes villes comme Paris, Bordeaux ou Lyon, en raison dâĂ©carts de prix Ă lâachat et Ă la location dissuasifs. En revanche, ce raisonnement doit prĂ©valoir partout oĂč acheter ne coĂ»te pas (beaucoup) plus cher que louer, comme câest le cas dans les sept villes Ă©tudiĂ©es ici (voir tableau ci-dessous) : Clermont-Ferrand, Le Havre, Lille, Limoges, OrlĂ©ans, Montpellier et Reims. Ainsi, dans la plupart des cas, un jeune couple percevant le SMIC pourra devenir propriĂ©taire pour un montant Ă peu prĂšs Ă©quivalent Ă un loyer, majorĂ© de la taxe fonciĂšre et des gros travaux en copropriĂ©tĂ©.
Louer pour adapter votre logement aux étapes de votre vie
Non, tout le monde ne rĂȘve pas de devenir propriĂ©taire ! Certaines personnes dâailleurs ne jurent que par la location. Par conviction personnelle, elles refusent de sâengager dans un achat. Dâautres, ne disposant pas de revenus et/ou dâapport personnel suffisants pour dĂ©crocher un prĂȘt immobilier, doivent y renoncer momentanĂ©ment.
Mais pour la trĂšs grande majoritĂ©, la location correspond Ă de courts sĂ©jours et Ă une Ă©tape de la vie durant laquelle le besoin de mobilitĂ© prime. Cela peut se situer en tout dĂ©but de parcours, pour les Ă©tudiants ou de jeunes actifs. Mais aussi pour les personnes en pĂ©riode de mutation professionnelle, de sĂ©paration ou aprĂšs un veuvage. « Louer rĂ©pond Ă©galement Ă dâautres prĂ©occupations, analyse Pierre Cluzeaud, responsable de deux agences Orpi Ă Limoges. Cela permet notamment de se familiariser pendant plusieurs mois avec une nouvelle ville et de tester les quartiers avant de se positionner pour acheter ».
« La location offre aussi Ă certaines personnes la possibilitĂ© de se loger dans des biens dâexception quâelles nâauraient pas les moyens dâacheter », complĂšte Christopher Goncalves, patron de lâagence immobiliĂšre Venteoulocation.com, Ă Reims. Câest vrai dans le trĂšs bel ancien de lâhyper-centre du Havre ou de Reims, par exemple. Mais Ă©galement dans du rĂ©cent, trĂšs bien situĂ© sur Montpellier, comme cet appartement de standing de 100 m2, au dernier Ă©tage, agrĂ©mentĂ© dâune terrasse de la mĂȘme surface et de deux garages. « Pour rĂ©sider Ă cette adresse, le locataire aurait dĂ» dĂ©bourser plus du double de son loyer de 1 700 euros par mois pour financer lâachat de ce bien vendu 700 000 euros », commente GrĂ©gori Choquet, gĂ©rant des agences Orpi Proximmo et Happy Gestion Ă Montpellier Port Marianne. Enfin, comme le signale SĂ©bastien Marquant, Ă la tĂȘte de lâagence Orpi Valrim Ă OrlĂ©ans, avec la location, les plus ĂągĂ©s qui anticipent leurs vieux jours peuvent accĂ©der Ă des logements neufs adaptĂ©s en cas de mobilitĂ© rĂ©duite.
Acheter pour vous constituer un patrimoine
Contrairement Ă la location oĂč les versements effectuĂ©s tous les mois le sont Ă fonds perdus, le remboursement dâun prĂȘt, un peu Ă la façon des versements sur un compte dâĂ©pargne, permet progressivement, au fil des annĂ©es, de bĂątir un patrimoine immobilier. « Quâil sâagisse de sa rĂ©sidence principale ou dâun investissement locatif, Ă terme, signale Christopher Goncalves, ce bien pourra au choix gĂ©nĂ©rer des revenus complĂ©mentaires sâil est louĂ© ou un apport en capital sâil est revendu, notamment pour acheter plus grand. » Câest Ă©galement un patrimoine susceptible dâĂȘtre transmis Ă ses hĂ©ritiers. Ă ce titre, Pierre Cluzeaud conseille Ă ceux qui nâont pas les moyens et/ou lâenvie dâacheter leur rĂ©sidence principale de se lancer malgrĂ© tout dans un investissement locatif. MĂȘme conseil prodiguĂ© par SĂ©bastien Blondel, directeur de lâagence Orpi Seine Immobilier du Havre, convaincu quâil faut ĂȘtre propriĂ©taire mais pas obligatoirement de sa rĂ©sidence principale.Â
Acheter pour ĂȘtre chez vous
Cela pourrait prĂȘter Ă sourire si cela ne provoquait des drames, comme pour ce couple incapable de continuer Ă payer une fois Ă la retraite, avec des revenus en baisse, et mis Ă la porte aprĂšs⊠vingt-six ans de location ! Autant dire que sâil avait achetĂ©, cela ne lui aurait pas coĂ»tĂ© plus cher et il aurait eu un toit sur la tĂȘte ou un actif Ă monnayer. Une situation Ă©galement mal vĂ©cue par un grand nombre de locataires qui se projettent dans leur logement, voire investissent dans des Ă©quipements (amĂ©nagement de la cuisineâŠ), et qui au bout des neuf ans de location dans des programmes neufs dĂ©fiscalisĂ©s sont sommĂ©s de vider les lieux, leur propriĂ©taire dĂ©sirant revendre. Sans mĂȘme parler du fait quâen Ă©tant propriĂ©taire, vous pouvez dĂ©corer, agrandir, transformer Ă votre guise. En rĂ©sumĂ©, le statut de locataire reste prĂ©caire. Une situation frappĂ©e dâincertitude avec pour Ă©pĂ©e de DamoclĂšs le risque de devoir un jour quitter les lieux contre son grĂ©.
Acheter pour protéger vos proches
« Câest un point auquel les acquĂ©reurs sont de plus en plus sensibles, observe SĂ©bastien Marquant. Le fait quâun achat immobilier soit financĂ© Ă crĂ©dit et couplĂ© Ă une assurance dĂ©cĂšs, invaliditĂ©, incapacitĂ©, permet de mettre ses proches Ă lâabri. En cas de gros pĂ©pins, lâassurance intervient pour rembourser tout ou partie des mensualitĂ©s, et ainsi laisser un confortable pĂ©cule Ă ses hĂ©ritiers, ou prendre le relais en cas de perte de revenu liĂ© Ă un arrĂȘt de travail. » Un rĂŽle dâamortisseur de crise dont ne bĂ©nĂ©ficient pas les locataires. Autre atout non nĂ©gligeable de lâacquisition de sa rĂ©sidence principale : il sâagit de lâune des derniĂšres niches fiscales. Ainsi, en cas de revente, les plus-values rĂ©alisĂ©es Ă©chappent au prĂ©lĂšvement forfaitaire unique (ou PFU), aussi appelĂ© « flat tax ». Elles sont totalement exonĂ©rĂ©es de prĂ©lĂšvements sociaux et dâimpĂŽt sur le revenu. Une raretĂ© assez notable, dans le paysage actuel, pour ĂȘtre soulignĂ©e !
Acheter pour ne pas perdre dâargent
Ici, lâidĂ©e consiste Ă comparer la rentabilitĂ© financiĂšre des deux scĂ©narios, achat ou location, et Ă dire lequel est le plus avantageux en fonction de la durĂ©e de dĂ©tention. Meilleurtaux.com a comparĂ© les deux formules en septembre dernier Ă travers toute la France. Le courtier a tenu compte, pour lâachat, du prix au mĂštre carrĂ©, des taux dâintĂ©rĂȘt de lâemprunt et de la taxe fonciĂšre ; et pour la location : du montant des loyers et du rendement de lâargent placĂ© qui aurait Ă©tĂ© consacrĂ© Ă lâapport personnel en cas dâachat. RĂ©sultat, une acquisition est rentabilisĂ©e en moyenne au bout de trois ans pour un 70 m2 mais le dĂ©lai bondit Ă seize ans pour un 30 m2 « Autrement dit, prĂ©cise MaĂ«l Bernier, directrice de la communication de Meilleurtaux.com, si une personne reste locataire plus de trois annĂ©es dâun appartement de type T3, la location devient une source de perte par rapport Ă lâachat. Sachant que plus la surface du logement augmente plus les simulations sont favorables Ă lâaccession. » Un dĂ©lai moyen trĂšs variable suivant la surface concernĂ©e et qui ne doit pas occulter des Ă©carts trĂšs significatifs suivant les villes. EstimĂ©e pour un 70 m2 par Meilleurtaux.com Ă un an et demi au Havre, Ă Limoges, Reims ou Lille, la durĂ©e de dĂ©tention pour rentabiliser un achat grimpe Ă sept ans et demi Ă Boulogne-Billancourt et Lyon, et culmine Ă neuf ans Ă Paris et Bordeaux.
Des dĂ©lais Ă nuancer encore, selon SĂ©bastien Blondel. Pour lui, la durĂ©e de dĂ©tention minimum recommandĂ©e sur lâagglomĂ©ration havraise se situerait plutĂŽt entre sept et huit ans. « Par le passĂ©, le marchĂ© local a connu des baisses de prix et certains propriĂ©taires pressĂ©s de cĂ©der leur bien ont dĂ» revendre Ă perte », constate-t-il. Le bon conseil ? Ă chacun dâeffectuer ses propres calculs, suggĂšre GrĂ©gori Choquet, afin de dĂ©terminer la durĂ©e de dĂ©tention optimale Ă partir de laquelle acheter sâavĂšre gagnant. Ce dernier sâest dâailleurs prĂȘtĂ© Ă lâexercice pour lâun de ses clients, locataire depuis plus de deux ans Ă Montpellier dâun T3 de 70 m2 pour 805 euros par mois. Son propriĂ©taire vendait 175 000 euros, soit environ 189 000 euros frais de notaire compris. Il a effectuĂ© une simulation dâachat. Avec un apport de 15 000 euros, ses mensualitĂ©s sur vingt-cinq ans sâĂ©tablissaient Ă 775 euros. Une fois intĂ©grĂ©es la taxe fonciĂšre et les charges de copropriĂ©tĂ©, les calculs ont rĂ©vĂ©lĂ© quâau bout de dix ans, en cas de revente, il rĂ©cupĂ©rerait un capital de 65 000 euros. ComparĂ© aux 35 000 euros dâĂ©conomies quâil aurait faites sur la pĂ©riode en restant locataire, acheter lui faisait gagner autour de 20 000 euros, avec un point dâĂ©quilibre autour de huit ans. Bon Ă savoir « Pour parer aux accidents de la vie et sĂ©curiser une opĂ©ration dâachat, rappelle BenoĂźt Lambelin, il est aussi possible de souscrire une assurance garantie revente. »
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Données de 2017